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II - Moyen Age, Naissance de châtillon,
les premiers seigneurs
Bodonis Monastérium au XIIe siècle :
Agnès de Langstein,comtesse de Salm, fonde labbaye
de Haute-Seille sur lemplacement appelé "la Haute Forêt"
, territoire lui appartenant. Elle fera don de ce domaine à lordre
de Cîteauxet cest en 1176 que lévêque de Toul Pierre
de Brixey consacrera labbaye. Cette même année, lusage
du ban de Bodonis passait sous lautorité de Haute-Seille.
(terres, bois, eaux et prés) Auparavant, le village avait été cédé
à labbaye de Saint Sauveur. En contrepartie, labbaye
de Haute-Seille devait payer 10 cens à celle de Saint Sauveur pour
les dîmes perçues sur Bodonis Monastérium. Une charte datée de 1176
réduisit la somme à payer par les moines de Haute-Seille à l cens
et 2 sous. On remarquera que les terres appartenant à lEglise
étaient exploitées comme des propriétés seigneuriales. (1)
En l'an 1195 il y avait un édifice pour le service religieux, comme
l'atteste une contestation au sujet des dîmes de l'église(2).
Ducs de Lorraine au XIIe siècle :
- Thierry II (1070 - 1115) fils de Gérard
dAlsace
- Simon Ier (1115 - 1139) fils du précédent
- Mathieu Ier (1139 - 1176) fils du précédent
- Simon II (1176 - 1205) fils de Mathieu Ier
Bonmoutier au XIIIe siècle :
En 1286, les évêques de Toul perdent leur souveraineté
au profit de ceux de Metz. A lorigine, une bataille perdue
par lévêque de Toul Conrad Probus. Celui-ci dut céder labbaye
de Saint Sauveurà son collègue de Metz Bouchard dAvesne. LEglise
de Toul conservait cependant la juridiction spirituelle de ses terres.
La puissance temporelle sur les possessions de labbaye de
Saint Sauveur passait sous la suzeraineté de Metz. Inversement,
Haute-Seille dépendait de Toul pour le temporel et de Metz pour
le spirituel. Bonmoutier devint cette année-là possession de lévêque
de Metz.
Ducs de Lorraine au XIIIe siècle :
- Ferry II (1205 - 1213)
neveu de Simon II
- Thiébaut Ier (1213 - 1220) fils de Ferry II
- Mathieu II (1220 - 1251) frère du précédent
- Ferry III (1251 - 1303) fils de Mathieu II
Bonmoutier au XIVe siècle :
Dès le début du siècle, en 1314, eut lieu un partage
entre les sires de Blâmont et lévêque de Metz. Celui-ci se
réservait le domaine boisé situé à lest de la Vezouze. (de
la Sarre au Donon jusquà Saussenrupt) Aux Sires de Blâmont
la forêt située sur la rive gauche de la Vezouze. Ainsi, les bans
de Bonmoutier et Saint Sauveur passaient-ils sous l'autorité des
seigneurs du Blâmontois.
Naissance de Châtillon.
Avant ce partage, Henry Ier, sire de Blâmont, avait
fait édifier une forteresse sur un piton rocheux dominant une longue
vallée étroite parcourue par un cours deau (le ruisseau de
Châtillon). A la suite de ce partage, le château devint possession
de lévêque messin Renaud de Bar. Cependant, pour assurer ses
propriétés et surtout pour sopposer à toute menace dexpansion
des seigneurs de Turquestein, Henry Ier reprit à Henri Dauphin,
successeur deRenaud de Bar, cette forteresse en 1324. Le château
de Châtillon devint alleu des sires de Blâmont. (3)
Différence entre alleu et fief :
- alleu : propriété exempte de toute redevance.Le
possesseur dun alleu est justicier sur ses terres.
- fief : domaine dun vassal. Ce dernier jure foi et
hommageà son seigneur (le suzerain) qui en plus perçoit des redevances.
En 1332, le château de Châtillon appartient en indivision
entre Isabelle de St Dizier (veuve de Eyme de Blâmont) et Henry
III(neveu de Eyme de Blâmont). Cette situation durera 20 ans. En
1344, lévêque de Metz Adémar de Monteil abandonne au ducde
Lorraine Raoul ses possessions issues du partage de 1314 : Bartrimont
(Petitmont), Cirey, Saint Quirin, Hattigny, Niederhoff et Bonmoutier.
Turquestein devient propriété de Thiebaut, sire de Blâmont, en1350.
Lévêque de Metz lui fit don de cette seigneurie pour le récompenser
davoir combattu à ses côtés la Maison de Turquestein.
En 1363, Bonmoutier est placé sous lautorité du comteJean
de Salm après que Rodolphe, arrière petit fils dHenryIer,
ait vendu à ce seigneur (marié à Marguerite deBlâmont) la moitié
des villages situés dans la seigneurie de Blâmont pour la somme
de 1500 florins or de Florence.
Cependant, dès 1368, Marguerite, veuve de Jean de Salm tué au combat
à Ligny, abandonne son domaine à la Maison de Blâmont.Elle ne conservera
que le château de Châtillon, et pour quelques années seulement.
La forteresse semble avoir été vendue vers 1375 par Jean IV de Salm
à la famille de Vergy, noblesse bourguignonne de la région dAutun.
Selon un article de M. Arnold Kientzler (Essorsept. 92), le sire
de Vergy aurait été un seigneur-brigand qui, à plusieurs reprises
aurait rançonné les marchands chemin dAllemagne. M. Kientzler,
sappuyant sur un document de 1382 (14mai) relate une expédition
punitive menée par une troupe alsacienne (commanditée par la ville
de Strasbourg) qui aurait abouti à la destruction partielle du château
de Châtillon ainsi quà des ravages dans les villages environnants.
On peut dailleurs relever quelques contradictions quant à
cette époque :
- dans un article sur les éléments des Baronnies, lachat
de Châtillon par Jean de Vergy se situe en 1384.
Dans ce même ouvrage, il est dit que ce seigneur ne résida jamais
à Châtillon.
Ce qui est sûr cependant, cest quAntoine, deuxième fils
de Jean de Vergy y vécut de 1390 à 1408. Au cours de cette époque,
il sopposa à Henri IV, comte de Blâmont, à propos de la succession
de Fénétrange en 1391. Finalement,après plusieurs accords, il fut
décidé que Cirey et Bonmoutier appartiendraient en commun aux deux
seigneurs. Antoine de Vergy, seigneur aventureux, quitta Châtillon
vers 1408 pour servir divers ducs et rois. Il devint successivement
chambellan du duc de Champagne, capitaine au service du duc de Bourgogne,
maréchal de France nommé par le roi dAngleterre, et enfin
gouverneur des comtés de Champagneet de Brie. A l'époque où il était
au service du roi d'Angleterre, c'est lui qui empêcha le sire de
Vaucouleurs (Robertde Baudricourt) de venir en aide au roi de France,
le futur Charles VII.(4)
Antoine de Vergy, seigneur soldat se doublait d'un homme de lettres
raffiné, comme le prouvent plusieurs poèmes découverts au siècle
dernier dans un recueil de lettres inédites et rassemblées par Paul
Eluard dans "l'Anthologie du Moyen Age" en1953.
Il prit part à de nombreuses batailles et mourut
de maladie en1439, sans laisser de postérité. Sans doute est-ce
au coursde ses nombreux déplacements quil rencontra le futur
acquéreurde la seigneurie de Châtillon. Jean dHaussonville.
En 1545, le duc de Lorraine François Ier quitte Nancy pour Blâmont
avant de rejoindre Plombières pour y prendre les eaux. En son absence,
il nomme un conseil de régence formé des baillis des deux duchés,
du président de la Chambre des Comptes, du procureur général et
de Jean de Haussonville, sénéchal de Lorraine.
Ducs de Lorraine au XIVe siècle.
Thiébaut II (1303 - 1312) fils de Ferry III
Ferry IV (1312 - 1329) fils du précédent
Raoul (1329 - 1346) fils du précédent
Jean Ier (1346 - 1390) fils du précédent
Bonmoutier au XVe siècle.
On peut situer l'achat de Châtillon peu avant 1433
(1432 ?) car en 1433 précisément Jean dHaussonville devient
aussi propriétaire du fief de Turquestein pour la somme de 6200
florins du Rhin. Les deux seigneuries nen forment alors plus
quune. Celle-ci restera aux mains des dHaussonville
jusquen 1567.
Ni Jean I ni Jean II dHaussonville nhabitèrent le château.Il
sy rendaient épisodiquement pour régenter le domaine et tirer
profit de la vente du bois.
Au cours de ce siècle on notera une grande mortalité due à de nombreuses
épidémies de peste. Celle de 1462 fit des milliers de morts dans
notre région.
Ducs de Lorraine au XVe siècle.
Charles II (1390 - 1431) fils de Jean Ier. Dernier
représentant de la Maison dAlsace.
René Ier (1431 - 1453) époux dIsabelle et gendre deCharles
II , de la Maison dAnjou.
Jean II (1453 - 1470) fils du précédent
Nicolas (1470 - 1473) fils du précédent
René II (1473 - 1508) de la Maison de Lorraine-Vaudémont.


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Bonmoutier au XVIe siècle.
Nouvelles épidémies, de peste au début du siècle.(de
1504 à 1524).
Lannée 1546 est marquée par des récoltes
désastreuses.Le prix du pain est multiplié par cinq. (5)
En 1567, la seigneurie de Châtillon appartient en indivis aux descendants
de Balthazard dHaussonville qui proviennent de trois souches
différentes. (voir descendance de Jean Ier)
1) Anne qui a épousé Georges de Nettancourt
Marguerite qui a épousé Claude de Beauvau en 1541 en première
noce et Jean du Châtelet en seconde.
2) African qui résidait dans son château de Zuffal près de Lorquin.
Nicole, épouse de Georges de Savigny.
3) Claude, épouse de Gaspard de Marcoussey, seigneur dEstoges
Jeanne, épouse de Jean de Savigny, seigneur de Rosne.
African était le seul descendant mâle. Poussé par
certains membres de la famille, il procéda au partage de la seigneurie
en trois lots :
- lot de Châtillon pour les descendants de Gaspard
- lot dHaussonville pour les enfants de Claude. (dit aussi
lot deSt Georges)
- lot de Marcoussey pour Jeanne (lot de Lorquin)
Notons que Jean du Châtelet, deuxième époux deMarguerite dHaussonville
avait pour titre "Jean du Châtelet, seigneur de Vauvillars"
. En sinstallant à Châtillon, il prit le titre de marquis
de Thons.

En 1589, la baronnie de Châtillon des seigneurs
de Thons comprenait les villages de Cirey, Bonmoutier, Harbouey,
Ibigny et Petitmont. En 1552, les trois évêchés sont rattachés à
la France. Bonmoutier devient donc français, puisque faisant partie
du temporel de Metz, alors que la baronnie de Châtillon restera
sous domination ducale. Dailleurs, le duc Charles III, devant
la menace des protestants et des troupes enrôlées par la France
qui sinfiltrent en Lorraine, décide de semparer des
châteaux de Châtillon et de Turquestein pour leur barrer le passage.
(1569 à 1574) Bonmoutier est peu sensible à la religion réformée.
Le village, éloigné des grands axes, reste profondément catholique.Cest
en 1587 que se manifeste un personnage dont la famille marquera
par la suite lhistoire de notre village : il sagit de
Mathias Klopstein.Enrôlé dans les troupes du duc de Lorraine, ce
soldat est au côté de Thomas Kiegler, châtelain de Réchicourt et
gouverneur de la ville de Blâmont pour défendre celle-ci contre
lattaque des calvinistes français, allemands et suisses ayant
à leur tête le duc de Bouillon. Mathias Klopstein se fit remarquer
par son courage et sa détermination qui sauvèrent la ville de la
destruction. Peu de temps après, le duc le faisait capitaine dune
compagnie de lansquenets.
La
famille Klopstein, originaire de la province de Mayence, sest
installée en Lorraine pour fuir "lhérésie de Luther"
. (6) La plus ancienne présence des Klopstein
en Lorraine se situe à Thionville où Mathis (Mathias ?) Klopstein
était tailleur de pierres jusquen 1483, date à laquelle il
vendit sa maison. Il nest donc pas surprenant de voir figurer
sur le blason de cette famille, dans sa partie basse, deux mains
frappant des pierres qui jettent des étincelles.
Ducs de Lorraine au XVIe siècle
Antoine (1508 - 1544) fils de René II
François Ier (1544 - 1545) fils dAntoine
Charles III (1545 - 1608) fils de François Ier
Sorcellerie à la fin du XVIe siècle
et justicede Domèvre :
Noms donnés aux malfaiteurs : genots ou triards.
Si quelquun était soupçonné de sortilège, sur dénonciation
du plaignant, on le faisait appréhender et mettre en prison. Le
procureur faisait ajourner (comparaître) les témoins pour recueillir
leurs dépositions : cétait linformation. On faisait
relire les déclarations qui pouvaient être maintenues ou complétées
: cétait le recollement. Le prévenu était ensuite mis en présence
des témoins pour la rédaction des explications : cétait la
confrontation. Le dossier était alors envoyé au tribunal des échevins
de Nancy qui statuaient. Sil y avait faute, le prévenu était
soumis à la question afin darracher à ses aveux un complément
de certitude.
Les différents supplices de la question :
- les grésillons : appareil servant à serrer un ou deux doigts.
- léchelle : le coupable était lié contreles montants
et les traverses, puis suspendu.
- les tortillons : un petit bâton était introduit sous la
cordelette qui liait le prévenu à léchelle; on tournait ce
bâton pour comprimer les chairs.
- lestapade : le coupable était suspendu à une corde,
au plafond, les mains derrière le dos. Des poids étaient fixés aux
pieds pour disloquer le corps.
Bonmoutier au XVIIe siècle.
En 1611, le lot de Châtillon est définitivement
partagé en deux parties :
- lune allant à la famille de Nettancourt
- lautre à la famille du Châtelet
A partir de 1617, la famille de Nettancourt sera seule à posséder
la baronnie de Châtillon, après que René du Châtelet (fils de Jean)
ait fondé la seigneurie de Cirey. Cette dernière sera vendue au
siècle suivant à Gabriel de Launay qui la cédera à son tour, peu
avant la révolution, au baronde Prémont (le 29 décembre 1781).
Cest en 1663 que séteint le dernier descendant de la
famille dHaussonville. Les biens vont à la seigneurie de Cléron
(noblesse franc-comtoise) qui en hérite par alliance et les conservera
jusquen 1669. Cette même année, Châtillon passera successivement
entre les mains de deux propriétaires :
- le 17. 09. 1669, Jean de Huyn, lieutenant général du baillage
de Vic lachète pour 28 000 Frs barrois.
- le 02. 10. 1669, le même Jean de Huyn revend la baronnie à la
comtesse de Linange de Réchicourt pour 35 000 Frs barrois.
Finalement, le château sera attribué à Nicolas Regnaulten
1676. Ancien soldat des ducs de Lorraine Charles IV et Charles V,
anobli, Nicolas Regnault a le titre de baron. Autre famille anoblie,
mais au début du siècle : les Klopstein. Alexandre, fils aîné de
Mathias Klopstein reçu ses lettres de noblesse du duc Henri II,en
1609. Auparavant il fut maître échevin de Marsal puis capitaine-prévotde
cette ville. Son frère Jean fut tué à Blâmont alors que , retranché
dans le château, il tentait de résister à l'armée de Richelieu,
en 1638.
Un acte du l9 août 1688, signé du père Charles Henri le Bègue, abbé
de Domèvre, fait état dune confrérie de St Laurent à Bonmoutier.
(Confrérie qui aura été de courte durée car aucune trace nen
a été retrouvée plus tard).
En 1690, Mathias Allaine, chanoine régulier est élu supérieurde
labbaye de Domèvre. Il demande à tous les paroissiens de sa
juridiction de chanter le Te Deum à la fin des offices pour protéger
le roi et le dauphin et surtout pour donner de nouvelles victoires
aux armées de Louis XIV. A cette époque, le Roi Soleil est en guerre
contre la ligue dAugsbourg et voit sa suprématie mise en échec.
Une demande identique est renouvelée en 1696 et le 30 septembre,
toute la population chante à la gloire du roi, après les vêpres.
Ducs de Lorraine au XVIIe siècle.
Henri II (1608 - 1624) fils de Charles III
François II (1625) frère de Henri II
Charles IV (1625 - 1675) fils de François II
Nicolas - François en 1634 frère de Charles IV
Charles V (1675 - 1690) fils de Charles IV ne régnera pas (exil).
VAL-ET-CHATILLON - M
& M - Rue du Beau Soleil
(1) (3) Notes pour servir à l'Histoire
de Cirey - H. Cuissard
(2) Histoire de l'abbaye de Saint-Sauveur - Abbé Chatton
- p. 51
(4) Revue Populaire de Lorraine N° 95
Article d'Henry Bataille. Comment Jeanne D'Arc est devenue Jeanne
D'Arc.
(5) Eléments des baronnies, Histoire du Blâmontois.
Abbé Dedenon.
(6) extrait du nobiliaire de Lorraine et du Barrois
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