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I - De 670 à 1020.
Des origines à la fondation de St Sauveur.
Origine de Val de Bonmoutier
A
la mort de Clovis en 511, le royaume franc est partagé entre ses
descendants. A la fin du VIe siècle apparaissent les provinces qui
ont pour noms Burgondie, Neustrie et Austrasie dont fera partie
notre région. Cest sous le règne de Childéric II que naît
notre village.
La première présence humaine organisée et attestée date de 670.
Le 17e évêque de Toul, Leudin Bodon fonde un couvent pour religieuses
(pour vierges, lit-on dans louvrage de labbé Chatton).
La première abbesse fut Thiéberge, la propre fille de Leudin Bodon.
Cet évêque, avant dentrer dans les ordres, avait eu pour épouse
une dame prénommée Odile qui lui avait donné une fille. Lendroit
eut alors pour nom Bodonis Monastérium au Xe siècle. Cette appellation
latine sera maintenue jusquau 13e siècle puis deviendra Bonmoutier.
Cirey faisait alors partie des terres régies par les religieuses.
Ce monastère était situé à lemplacement de lactuelle
église.
Extrait de R. Bour, Histoire du Département
de la Moselle
Bodonis Monastérium du VIIIe au IXe
siècle.
Vers la fin du IX, les religieuses qui menaient
une existence peut conforme aux principes religieux, furent chassées
du monastère par lévêque de Toul Arnoud. Chacune des religions
quitta le lieu consacré au culte de la vierge nantie dune
confortable pension alimentaire. A noter que jusquau VIIe
siècle, les monastères de religieuses étaient plus nombreux que
ceux abritant des moines. Cest sous le règne de Sigebert III,
vers 650 que les monastères pour hommes se répandirent vraiment.
Bodonis Monastérium
du VIIIe au IXe siècle.(1)
Aucune date ne signale le départ des religieuses
que lon peut situer sous le règne de Lothaire II (855 à 869).
Le monastère fut alors occupé par des moines bénédictins et le premier
document lattestant date de 912. Il sagit du "diplôme"
de Charles le Simple, roi de la Francie Occidentale.
Explication de lintervention
de Charles le Simple :
En
840, Bodonis Monastérium fait partie du royaume de Louis le Germanique.
Après le partage de lempire carolingien (843 traité de Verdun)
qui marque également la disparition de la Neustrie, de la Burgondie
et de lAustrasie, Bodonis Monastérium passe sous lautorité
de Lothaire Ier. A la mort de Lothaire Ier, son royaume est partagé
entre ses fils, comme cétait la coutume. Lothaire II, en gouvernant
la partie nord, prenait possession de la future Lotharingie. Durant
tout son règne, ce roi fut préoccupé par son divorce davec
Theuberge que ni lévêque de Toul ni le pape ne voulaient reconnaître.
Lothaire II mena même une offensive armée contre lévêque.
A sa mort , en 869, son royaume fut partagé entre ses oncles Charles
le Chauve et Louis le Germanique qui retrouvait ainsi une partie
de ses anciennes terres (partage de Meersen en 870). Les Lotharingiens
se tournèrent vers Charles le Simple, roi de la Francie Occidentale,
en 911. Celui-ci, pour réparer les violences commises par Lothaire
II reconnut officiellement en 912 le droit des évêques à gouverner
sur leurs terres. Ce "diplôme" confirmait donc que Bodonis
Monastérium faisait partie des biens et des privilèges de léglise
touloise. Cela nempêcha pas une nouvelle domination germanique
sur la Lotharingie qui sera dirigée par les empereurs de Germanie
pendant deux siècles.
Autre confirmation de la présence des
moines (1) :
- Labbesse dAndlau, qui possédait
le monastère dEtival, fondé également par Leudin Bodon, contesta
la souveraineté de Toul sur Bodonis Monastérium. Grâce au témoignage
de douze hommes libres, lévêque Gauzelin conserva labbaye,
ce qui fut confirmé par Othon, roi de Germanie en 974.
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- Lévêque de Toul Etienne de Lunéville
trouva la mort parmi les moines Bénédictins en 955, au cours dune
visite pastorale.
On notera, au court du Xe siècle, la naissance de la première maison
ducale de lorraine avec Frédéric, descendant carolingien qui a épousé
Béatrice, descendante germanique par sa mère (959 - 978).
Bodonis Monastérium au XIe siècle.
En 1002, les moines sont toujours à Bodonis Monastérium.
Ils sont sous la protection de Ulrich de Turquestein, sire de Blâmont
et mandaté par lévêque de Toul Berthold. Les moines, parce
que religieux, ne pouvaient exercer les fonctions de justice et
de milice. Ulrich devint donc leur protecteur ou voué. Voué : Le
"voué" est un laïque assurant une protection moyennant
la jouissance de certains droits : 1/3 des amendes, 1/4 des péages
et droit au logement pour les troupes du seigneur en campagnes.
Cest le roi de Neustrie Chilpéric (561 - 584) qui créa les
voueries.
Austrasie et Lotharingie - Cette carte fait
apparaître que la Lotharingie reprend la plus grande partie de l'Austrasie.
Tiré de : Grandes dates de l'Histoire Lorraine.
Michel Parisse En 1010, il est question de la fondation dun
nouveau monastère, à trois quarts de lieu de Bodonis Monastérium.
Ainsi naquit Saint Sauveur, sous limpulsion de Berthold, 36e
évêque de Toul. Le nouveau monastère allait accueillir une vingtaine
de moines bénédictins. On ignore pourquoi il y eut ce transfert.
Par contre, il existe deux versions quant à la destruction de lancien
: - selon Richer, religieux de Senones, le monastère fut détruit
du vivant de Berthold (mort en 1019).
- selon Dom Calmet, la destruction daterait de 1145. Il ne serait
alors resté quune seule construction : une ferme. On peut
supposer que cest à partir de cette date que plusieurs fermes
simplantèrent prés de lancien monastère donnant naissance
à notre village (actuellement quartier de la Molière, de Martinchamp).
Les premiers habitants ont ainsi pu profiter des défrichements et
des terres mises en valeur par les moines. Les évêques de Toul,
déjà souverains temporels des propriétés rattachées à lancien
monastère, agrandissaient leur domaine avec Saint Sauveur.
Une charte datée de 1012 officialise larrivée des premiers
moines dans le nouveau monastère. Selon Dom Calmet, les Bénédictins
furent expulsés en 1171 et remplacés par des chanoines réguliers.
Ce fait est également signalé dans un titre de labbaye de
Haute-Seille. Cette expulsion peut surprendre, mais elle était motivée
par une décision épiscopale qui refusait le relâchement de la discipline
et des murs monacales.
Les ducs de Lorraine au XIe siècle sont
:
- Thierry Ier (978 - 1027) de la Maison de Bar
- Frédéric II (1027 - 1033) de la Maison de Bar
- Gozelon (1033 - 1044) de la Maison de Verdun
- Godefroy le Barbu (1044 - 1047) fils de Gozelon
- Adalbert (1047 - 1048) de la Maison dAlsace
- Gérard dAlsace (1048 - 1070) neveu du précédent
Les Abbayes Bénédictines en Lorraine avant
1100.
(1) Histoire de l'abbaye de Saint-Sauveur
par l'Abbé Chatton
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