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Roger Cornibé,
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Au début du XXe siècle, au moment où la Société Cotonnière Lorraine commence
à produire ses premiers filés couleur, l'industrie textile représente la première
activité nationale. Les statistiques dressées en 1910 par l'Inspection du
Travail sur la population laborieuse indiquent que plus de 1 100 000 de personnes
y sont employées. La deuxième industrie étant celle des métaux avec 560 000
personnes.
Vers 1950, la tendance s'inverse, on assiste à la montée en puissance de l'industrie
lourde.
En ce qui concerne l'évolution de l'activité textile au cours du siècle écoulé,
force est de constater que les lourdes pertes humaines et matérielles consécutives
aux deux conflits mondiaux, l'accès à l'indépendance des colonies françaises,
l'envahissement des fibres artificielles ou synthétiques ne sont pas les seuls
facteurs du déclin de cette industrie. L'approvisionnement en matière première,
avec la fluctuation des cours du coton, supposait le maintien d'une réserve
financière importante et disponible.
Si jusqu'en 1900 les Etats-Unis centralisaient la culture cotonnière (10000000
d'hectares), peu à peu la production s'est intensifiée dans d'autres pays
au climat propice à ce type de culture, comme l'Egypte, le Mexique, le Brésil...,
ainsi qu'en Asie. L'amélioration et la création de nouvelles voies de communication
ont, au fil des décennies, favorisé dans ces pays (asiatiques surtout) l'établissement
d'industries textiles dont l'Europe avait autrefois le monopole. C'est ainsi
que petit à petit les manufacturiers français perdirent une grande partie
de leur marché extérieur sans pouvoir faire face à la concurrence des produits
textiles inondant notre marché intérieur et provenant précisément de pays
en voie de développement et d'industrialisation employant une main-d'œuvre
à bas salaire.
Affaiblie par tous les « chocs économiques », peu soutenue par les pouvoirs
publics, effacée par les progrès de la chimie, victime des délocalisations,
l'industrie cotonnière « traditionnelle » avait vécu.